Cancer et Papillomavirus | Infos, liens & prévention

Article mis à jour le : 21 décembre 2023

On associe souvent le papillomavirus et le cancer. Ce guide explique quel est ce lien en détaillant les causes, les symptômes, les types de papillomavirus et tout ce qu’il faut savoir pour comprendre les liens entre cancer et papillomavirus.

Lien entre cancer et papillomavirus

Quel est le lien entre cancer et papillomavirus ?

Dans certains cas, le papillomavirus (HPV) peut évoluer de manière à créer une infection qui augmente significativement les risques de développer un cancer.

Lors d’une infection par papillomavirus, le virus est éliminé dans près de 90 % des cas dans les deux années qui suivent. L’infection est transitoire, d’autant plus chez les femmes jeunes.

Si l’infection persiste, des lésions apparaissent. Il s’agit de cellules cancéreuses qui se développement et on parle alors de lésions précancéreuses. Elles sont de deux types :

  • Les lésions de bas grade (à bas risque) induisent un risque de cancer à 10 ans (0.1 %)
  • Les lésions de haut grade (à haut risque) induisent un risque de cancer à 5 ans (30 %)

Ainsi, la présence du papillomavirus ne signifie pas toujours la présence d’une infection et une infection à papillomavirus n’induit pas systématiquement le développement d’un cancer. Néanmoins, on sait que quasiment tous les cancers de l’utérus sont provoqués par le papillomavirus et peuvent donc être éviter avec un dépistage précoce.

Les papillomavirus sont responsables de :

  • 100 % des cancers du col de l’utérus
  • 90 % des cancers de l’anus
  • 27 % des cancers du pénis
  • 29 % des cancers de la vulve et du vagin
  • 4 à 34 % des cancers de la bouche et de la gorge

Bon à savoir

Il se passe 5 à 20 ans entre une infection par un papillomavirus et le développement d’un cancer.

Quels sont les cancers causés par le papillomavirus ?

Le cancer du col de l’utérus est le principal cancer causé par le papillomavirus, mais il n’est pas le seul. Les autres cancers liés au HPV sont les suivants :

  • Le cancer du vagin
  • Le cancer du pénis
  • Le cancer de la vulve
  • Le cancer de l’anus
  • Le cancer de l’oropharynx
  • Le cancer des amygdales

Ces cancers liés au papillomavirus sont toutefois beaucoup plus difficiles à détecter.

 Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard

Quelques chiffres

  • Le cancer de l’utérus est le 4e cancer le plus fréquent chez les femmes
  • 600 000 nouveaux cas sont déclarés chaque année dans le monde*
  • 300 000 décès sont constatés tous les ans, dont 1 000 en France*
  • 6 300 nouveaux cas de cancers liés au papillomavirus chaque année (17 par jour)***
  • Le papillomavirus est détecté chez 1 femme sur 3 entre l’adolescence et 20 ans*
  • 1 homme sur 5 dans le monde est porteur du HPV à haut risque*
  • 2 % des cancers en France sont attribuables au papillomavirus**

*Source : Institut Pasteur

**Source : Étude sur les cancers attribuables au mode de vie et à l’environnement en France (2018) par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC)

***Source : Shield KD et al. New cancer cases in France attributable to infectious agents: a systematic review and meta-analysis. Eur J Epidemiol. 2017;33(3):263-74

Quels sont les types de papillomavirus ?

Plus de 200 papillomavirus différents ont été dénombrés à ce jour et une 20ene ont été identifié comme cause du cancer du col de l’utérus. On distingue :

  • Les HPV à tropisme cutané qui infectent la peau et peuvent provoquer des tumeurs bénignes comme des verrues plantaires. Ils peuvent aussi être à l’origine du cancer de la peau ;
  • Les HPV à tropisme muqueux qui touchent les muqueuses génitales et orales.

Les HPV à tropisme muqueux sont identifiés selon deux catégories :

  • Les papillomavirus de bas grade comme le HPV6 et le HPV 11 qui peuvent induire des tumeurs bénignes ;
  • Les papillomavirus de haut grade, dont le HPV16 et le HPV18.

Le HPV 16 et le HPV 18 sont à l’origine de 70 % des cancers du col de l’utérus :

  • Le HP16 multiplie par 280 le risque de développer un cancer par rapport à un papillomavirus de bas grade.
  • Le HP 18 le multiplie ce risque par 220.

Bon à savoir

Le papillomavirus est aussi appelé HPV (Human PapillomaVirus) ou VPH (Virus de Papillome Humain).

Quels sont les symptômes du papillomavirus ?

Le plus souvent, il n’y a aucun symptôme d’une infection par un HPV.

On constate une infection à papillomavirus lors d’un frottis qui apparait comme anormal. Les cellules prélevées au niveau du col de l’utérus sont observées au microscope (examen cytologique) et elles présentent alors des anomalies. Cet examen permet aussi de détecter la présence d’éventuelles lésions précancéreuses.

Comment se transmet le papillomavirus ?

Le HPV est très contagieux. Il se transmet de multiples façons :

  • lors de rapport sexuel, avec ou sans pénétration, par simple contact
  • par contact peau-muqueuse
  • par contact peau à peau
  • par auto inoculation (lorsque une verrue est grattée, par exemple)
  • par contact direct (d’un objet, à la piscine…)
  • par voie périnatale lors d’un accouchement

Il est important de souligner que l’infection a lieu le plus souvent au début de la vie sexuelle et beaucoup plus rarement ensuite.

Est-ce que le papillomavirus se soigne ?

Pour les lésions de bas grade, une surveillance est requise, car la guérison peut être spontanée. Les lésions peuvent aussi être détruites au laser (vaporisation) ou par le froid (cryothérapie).

Lorsque la présence du papillomavirus a entraîné des lésions précancéreuses, le traitement est chirurgical. On agit par conisation, c’est-à-dire qu’un cône est retiré à l’endroit de la lésion. Si le cancer s’est déclenché, les protocoles mis en place sont basés sur la chirurgie et la radiothérapie.

Comment éviter l’infection par papillomavirus ?

La prévention repose avant tout sur un dépistage régulier par frottis du col utérin (ou frottis cervical) afin de détecter la présence de lésions précancéreuses éventuelles.

Il existe également un vaccin qui permet de diviser par trois le risque de cancer, mais ne le supprime pas totalement. En France, il est recommandé pour les filles et les garçons à partir de l’âge de 11 ans.

Enfin, il faut noter que l’usage de préservatif lors de rapports sexuels diminue le risque de contamination par papillomavirus, mais ne le supprime pas.

Pour aller plus loin

Avis de non responsabilité : les articles sont destinés à des fins d'information uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils spécifiques. En cas de doute , veuillez consulter un médecin ou spécialiste.

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