Comment devenir cancérologue ? Fiche pratique

Le nombre de nouveaux cas de cancer ne cesse d’augmenter depuis 30 ans, mais grâce aux progrès thérapeutiques, la mortalité par cancer diminue. Le cancérologue est au cœur du dispositif de prise en charge globale des patients atteints de cancers.

Vous envisagez de devenir cancérologue ? Découvrez tout ce qu’il faut savoir à propos du métier. Quelles sont ses missions, ses possibilités d’évolution, les compétences requises et la formation nécessaire pour être cancérologue.

cancérologue métier humain

Le métier de cancérologue en France

Qu’est-ce qu’un cancérologue ?

Le cancérologue est le médecin spécialisé qui est chargé d’étudier, de diagnostiquer et de traiter les cancers. Il intervient sur toutes les formes de tumeurs malignes et de cancers dits « solides ». Les cancers du sang (lymphomes, leucémies…) ne font pas partie de son champ de compétences et sont traités par un hématologue.

Il existe deux motifs de consultation d’un cancérologue :

  • À la demande d’un médecin généraliste, lorsqu’il suspecte un cancer chez un de ses patients.
  • Dans le cadre du suivi régulier d’un cancer.

Quelle est la différence entre un cancérologue et un oncologue ?

Il n’y en a pas. L’un comme l’autre désigne le médecin spécialiste des cancers. La seule différence entre les deux dénominations provient de leur étymologie. Alors que l’oncologie dérive de la racine grecque « onco » qui signifie « masse ou tumeur », la cancérologie a pour origine le latin « cancri » qui veut dire « crabe ».

Quelles sont les missions d'un cancérologue?

Diagnostic et dépistage

  • rend en charge le patient
  • Effectue une anamnèse complète
  • Analyse et interprète l’ordonnance du médecin généraliste
  • Prescrit des analyses complémentaires en cas de besoin (scanner, biopsie…)
  • Établit un diagnostic précis (détermine si une tumeur est bénigne ou maligne…)
  • Évalue la gravité et le stade de la maladie

Traitements et thérapeutiques

  • Détermine le traitement le mieux adapté en tenant compte de la situation familiale, professionnelle et psychologique du patient
  • Coordonne les divers traitements (chimiothérapie, hormonothérapie, immunothérapie, radiothérapie, chirurgie…)
  • Prends en charge les effets secondaires
  • Contrôle l’efficacité d’un traitement et adapte la thérapie
  • Surveille l’évolution de la maladie
  • Participe aux soins palliatifs

Pédagogie

  • Transmettre au patient une proposition de traitement sous la forme d’un programme personnalisé de soins (PPS)
  • Informer le patient et sa famille (risques, bénéfices, effets indésirables…)
  • Rassurer le patient
  • Prodigue des conseils pour réduire les risques de développement de la maladie

Recherche

  • Participe à des recherches (recherche fondamentale, recherche appliquée, recherche clinique)

Travail en équipe

  • Collabore avec d’autres médecins (spécialistes des zones atteintes, biologistes, radiothérapeutes, anatomo-pathologistes, chirurgien, etc.).
  • Participe aux RCP (réunions de concertation pluridisciplinaires)
  • Transmet les informations au médecin traitant du patient

Quelles sont les qualités requises pour être cancérologue ?

Le métier de cancérologue nécessite des qualités scientifiques évidentes, mais également de grandes qualités humaines :

  • Conscience professionnelle et rigueur scientifique ;
  • Humanité ;
  • Grande capacité d’écoute et empathie ;
  • Endurance physique et résistance au stress ;
  • Pédagogie avec les patients et leurs familles.

Où travaille un cancérologue ?

Le cancérologue travaille en général au sein des hôpitaux. Il peut aussi exercer dans un cabinet privé, dans des entreprises de l’industrie pharmaceutique, dans des laboratoires dédiés à la recherche contre le cancer, à l’INSERM, le CNRS ou dans une université.

Quelques chiffres sur le métier de cancérologue

  • Chaque année, environ 350 000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués en France.
  • En 2020, 1 314 cancérologues exerçaient en France, soit 1,6 pour 100 000 habitants.
  • 80 % des cancérologues sont salariés, 8 % exercent en libéral et le reste a une activité mixte.

Quel est le salaire d'un cancérologue ?

S’il peut varier en fonction de la zone géographique dans laquelle l’oncologue exerce (Paris / province par exemple), du mode d’exercice (libéral / salarié, public / privé…), le salaire moyen d’un oncologue qui débute se situe aux alentours de 5 000 €. Après quelques années d’expérience, l’oncologue gagne environ 8 000 € bruts mensuels.

La formation pour devenir cancérologue

Pour exercer le métier d’oncologue, il faut avoir fait des études de médecine avec une spécialisation en cancérologie.

Quelles études suivre pour être cancérologue ?

La formation d’un médecin cancérologue est longue puisqu’elle nécessite 11 années d’études en faculté de médecine. Pour devenir médecin cancérologue, il faut :

  • obtenir un baccalauréat (scientifique de préférence) ;
  • suivre 6 années d’études de médecine pour obtenir le DFASM (diplôme de formation approfondie en sciences médicales).
  • se spécialiser en cancérologie pour obtenir un diplôme d’études spécialisées (DES) d’oncologie (10 semestres d’études).

N. B. : Depuis la rentrée 2021, les bacheliers ont la possibilité de choisir entre 2 parcours pour réaliser leurs études de médecine :

  • la L. AS (« Licence « Accès Santé ») ;
  • le PASS (Parcours Accès Santé Spécifique).

Quel est le programme des études pour devenir cancérologue ?

C’est à partir de la 7e année en Faculté de médecine - pendant son internat - que l’étudiant se spécialise en cancérologie. Pour cela, il a le choix entre deux possibilités :

  • DES option oncologie médicale
  • DES oncologie radiothérapique

Les enseignements comprennent environ 300 heures de cours théoriques et 10 semestres de stages pratiques dans des services hospitaliers agréés. À l’issue de la formation, et après avoir soutenu une thèse d’État de docteur en médecine, l’étudiant obtient son DES.

Dans quels pays le diplôme de cancérologue est-il reconnu ?

Des accords passés entre la France et les différents États membres de l’Union européenne permettent au cancérologue de travailler dans l’ensemble de ces pays.

En-dehors de l’Europe, chaque pays ayant ses propres règles spécifiques, il convient de se renseigner pour connaître les possibilités de reconnaissance du diplôme d’oncologue.

Un arrangement de reconnaissance mutuelle (ARM) signé avec le Québec en 2010, permet aux cancérologues français d’exercer dans ce pays sous certaines conditions (validation d’un stage d’adaptation…).

3 idées de livres à lire lorsqu’on veut devenir cancérologue

  1. Référentiel Collège de Cancérologie R2C par Collège national des enseignants en cancérologie (CNEC). Éditions MED-LINE, 2e édition. Juillet 2021.

  2. Pharmacie clinique pratique en oncologie par Gilles Aulagner et al. Éditions Elsevier Masson. Août 2020.

  3. Oncologie par Antoine Schernberg. Éditions Ellipses. Octobre 2015.

Combien coûte une formation de cancérologue ?

Les études pour devenir cancérologue peuvent représenter un investissement conséquent pour les bourses les moins argentées, en particulier si on considère que la formation se fait sur 11 ans !

Selon plusieurs associations d’étudiants en médecine, le coût moyen annuel dépasse largement les 10 000 € en fonction de la situation de l’étudiant. Il comprend :

  • les droits d’inscription universitaire (en moyenne 170 €) ;
  • la contribution de vie étudiante et de campus (CVEV) qui s’élève à 92 € ;
  • le matériel pédagogique (livres et référentiels…) ;
  • l’inscription à des prépas privées (très onéreuse, en moyenne entre 4 000 et 7 000 €/an) ;
  • les loyers et les frais de vie courante (transport, repas, forfait internet/téléphone…).

Il existe cependant plusieurs possibilités de financement des études en cancérologie :

  • Bourse sur critères sociaux (BCS) ;
  • Aide au mérite pour les étudiants ayant obtenu une mention Très bien au baccalauréat ;
  • Aide personnalisée au logement (APL) ;
  • Un prêt bancaire garanti par l’État.

Évolution de carrière du cancérologue

Alors qu’il est déjà en exercice, le cancérologue peut continuer à se former, soit pour réactualiser ses connaissances, soit pour acquérir de nouvelles compétences en se spécialisant sur un type de cancer ou des techniques thérapeutiques. Il existe pour cela des diplômes universitaires (DU) et inter-universitaires (DIU) comme :

DIU Médecine moléculaire en cancérologie ;

  • DIU Cancérologie génito-urinaire ;
  • DIU Immuno-oncologie ;
  • DIU Oncologie pédiatrique ;
  • DU Recherche translationnelle et clinique en cancérologie ;
  • DU Radiothérapie des cancers ORL…

Le cancérologue peut accéder à ces différents enseignements par la formation continue pour remplir ses obligations triennales de DPC (Développement Professionnel Continu) ou bien à sa propre initiative.

Les perspectives d’avenir et les possibilités d’évolution de carrière d’un cancérologue sont nombreuses. Il peut :

  • Devenir chef d’un service hospitalier ;
  • Enseigner ;
  • Faire de la recherche ;
  • Changer d’environnement professionnel (hôpitaux, cliniques privées, centres hospitalo-universitaires…).

Le quotidien d’un cancérologue

Être cancérologue, c’est exercer un métier à la fois passionnant et exigeant.

Les avantages

La cancérologie est une discipline qui évolue beaucoup et où il est nécessaire de s’informer régulièrement des avancées médicales et scientifiques. Le fait de travailler en collaboration avec plusieurs médecins de disciplines différentes est aussi très enrichissant. 

Il n’y a pas de routine. La prise en charge d’un patient est personnalisée comme le traitement de son cancer. C’est également un domaine de la médecine où il est possible de vivre des émotions fortes. Les liens entre le cancérologue et ses patients sont souvent forts. 

C’est enfin un métier qui cumule sécurité de l’emploi, perspectives de carrière et haut niveau de salaire.

Les difficultés du métier

Les cancers font partie des maladies graves dont la seule évocation effraie les patients et leurs familles. Il est souvent difficile de devoir annoncer à un patient qu’il est atteint d’un cancer, que les traitements entrepris n’ont pas été efficaces ou que les chances de guérison sont faibles. L’oncologue ne doit pas être trop sensible au malheur de ses patients, tout en faisant preuve d’humanité et d’empathie.

Le métier vu de l'intérieur

Les institutions et association pour les cancérologues

CNEC – Collège National des Enseignants en cancérologie

La CNEC est membre de la Coordination Nationale des Collèges d'Enseignants en Médecine (CNCEM). Elle coordonne l’enseignement et la formation de la cancérologie en France.

SFC – Société française du cancer

La SFC est la plus ancienne des sociétés savantes dédiée à l’étude du cancer. Sa vocation est de mettre en contact scientifiques et médecins d’origines diverses pour faire progresser la lutte contre le cancer.

SFCP – Société française de cancérologie privée

Depuis 1980, la SFCP regroupe les médecins et les acteurs de la cancérologie libérale dans le but de développer l’étude du cancer.

La ligue contre le cancer

Association loi 1901 reconnue d’utilité publique, la Ligue contre le cancer a été créée en 1918. Elle finance des projets de recherche en cancérologie, informe et sensibilise la population sur les comportements à risque et promeut les doits des patients auprès des institutions.

AERIO – Association pour l’enseignement et la recherche des internes en oncologie

Le but de cette association est de soutenir les activités de recherche en oncologie, de favoriser les échanges entre ses adhérents et de défendre leurs droits auprès des institutions.


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