Étudiant en médecine | Rôle, Conditions & Liens utiles

Article mis à jour le : 19 juillet 2023

Diversification des parcours, nouvelles modalités de sélection, numerus apertus, possibilités de formation, salaires, etc.

Vous vous intéressez aux études de médecine, mais vous ne maîtrisez pas tous les enjeux de la réforme des études de santé ? Vous recherchez des informations sur le cursus des études de médecine et sur les défis à relever lorsqu’on est étudiant en médecine ?

Nous avons fait le tour du sujet pour vous.

role de l'étudiant en médecine

Être étudiant en médecine en France

En France, les études de médecine sont proposées par les universités comportant une unité de formation et de recherche (UFR) en santé. Elles font partie des études supérieures les plus longues, les plus exigeantes et les plus sélectives.

L’étudiant qui s’engage dans des études de médecine est familièrement appelé « carabin ». Au fur et à mesure qu’il progresse dans le cursus, il change de statut, devient plus autonome et est habilité à réaliser de plus en plus d’actes médicaux.

Il est à la fois étudiant de l’université qui le forme, professionnel de santé en formation et salarié de son établissement hospitalier de rattachement.

Quelles sont les conditions de travail d’un étudiant en médecine ?

Réputées difficiles, les études de médecine sont souvent perçues comme un départ à l’aventure par les étudiants en médecine. Pour les plus motivés, elles riment avec indépendance, autonomie et études élitistes. D’autres les envisagent avec stress et appréhension.

Or, connaître les défis auxquels tous les étudiants en médecine sont confrontés permet d’appréhender la formation avec plus de sérénité.

Les principaux défis rencontrés sont :

  • La charge de travail importante
  • La concurrence pour les stages
  • La pression pour obtenir de bons résultats
  • Le manque de temps pour les activités extra-universitaires et la vie sociale

Quelles sont les qualités nécessaires pour un étudiant en médecine ?

Outre des compétences et une affinité pour les matières scientifiques, l’étudiant en médecine doit posséder certaines qualités personnelles pour réussir sa formation :

  • Motivation et persévérance
  • Grande capacité de travail
  • Envie d’apprendre
  • Excellente mémoire
  • Organisation
  • Empathie et goût du contact
  • Rigueur
  • Autonomie
  • Résistances physique et mentale

Le salaire des étudiants en médecine

Les étudiants en médecine perçoivent une rémunération dès leur 4e année d’études. Celle-ci a été revalorisée en juillet 2022.

Année

Salaire brut annuel

1re année d’externat

3 229 €

2e année d’externat

3 974 €

3e année d’externat

4 843 €

1re année d’internat

19 119 €

2e année d’internat

21 165 €

3e année d’internat

27 988 €

4e année d’internat

28 010 €

5e année d’internat

28 027 €

Année de recherche

25 548 €

À ces salaires de base, peuvent s’ajouter différentes primes et indemnités forfaitaires, telles que :

  • Indemnité de sujétions particulières, pour les internes en 1re et 2e année (435,18 € mensuel brut)
  • Indemnité compensatrice d’avantages en nature pour les internes (entre 336,32 € et 1 010,64 € annuel brut)
  • Indemnités de gardes et astreintes
  • Prime de responsabilité pour les internes en 5e année (4 210,77 € annuel brut)
  • Indemnité de transport
  • Indemnité forfaitaire d’hébergement

Ces informations proviennent de l'Arrêté du 8 juillet 2022 relatif aux émoluments, rémunérations ou indemnités des personnels médicaux, pharmaceutiques et odontologiques exerçant leurs fonctions dans les établissements publics de santé.

Les études de médecine

En France, il faut faire 9 années d’études dans des facultés pour devenir médecin généraliste et 10 à 12 années pour devenir spécialiste.

La formation est à la fois théorique et pratique, avec de nombreux stages obligatoires en milieu hospitalier. Elle débouche sur le diplôme d’État (DE) de docteur en médecine qui se prépare dans des universités ayant une UFR de médecine, associée à un centre hospitalier universitaire.

Quelles sont les voies d’accès aux études de médecine ?

Depuis la rentrée 2020-2021, il existe 2 voies d’accès aux études de santé : la PASS et la L.AS.

Les lycéens qui souhaitent s’engager dans des études de médecine doivent candidater via Parcoursup sur l’une ou l’autre de ces 2 voies :

  • Le Parcours d’Accès Spécifique Santé (PASS), qui s'articule autour d'une discipline majeure axée sur la santé (biochimie, pharmacologie, anatomie, mathématiques…) et d'une option mineure hors santé choisie par l’étudiant.
  • La licence Accès Santé (L.AS), n’importe quelle licence (droit, STAPS…) qui propose une option santé.

Chaque étudiant, qu’il soit inscrit en PASS ou en L.AS, dispose 2 chances de se présenter aux épreuves d’accès en 2e année de médecine.

Les modalités de contrôles des connaissances (partiels) et le nombre de places disponibles, appelé « numerus apertus », sont définis par les universités en accord avec les agences régionales de santé.

À l’issue de cette 1re année, les résultats obtenus aux examens partiels détermineront si l’étudiant peut intégrer la filière santé.

INFO : Les disciplines hors santé sont nombreuses (SVT, Droit, Économie-gestion, Lettres, Psychologie, Physique-chimie…) et varient selon les universités. Considérées comme mineures en PASS et majeures en L.AS, leur choix doit être réfléchi.

En effet, elles doivent faciliter la réorientation et la poursuite d’études de l’étudiant, en cas de non-admission à poursuivre en 2e année de médecine.

Qu’est-ce que le numerus apertus ?

La réforme du 1er cycle des études de médecine a mis fin au numerus clausus, qui déterminait jusque-là le nombre d’étudiants autorisés à accéder à la 2e année de médecine.

Un nouveau mode de fonctionnement a été mis en place : le numérus apertus.

Dorénavant, pour répondre aux besoins de chaque territoire, le nombre de médecins à former est fixé par université et pour une période de 5 ans.

Pour la période 2021-2025, ce sont 51 505 étudiants en médecine qui seront formés en France. La répartition des places disponibles dans chaque faculté est la suivante :

  • Clermont Auvergne : 1 300
  • Grenoble Alpes : 1 150
  • Lyon Est : 2 515
  • Lyon Sud - Charles Mérieux : 1 850
  • Saint-Étienne : 1 035
  • Besançon : 1 180
  • Dijon ; 1 260
  • Brest : 1 005
  • Rennes-I : 1 375
  • Tours : 1 500
  • Corse : 195
  • Lorraine : 1 685
  • Strasbourg : 1 390
  • Amiens : 1 170
  • Lille : 2 495
  • Institut catholique de Lille : 765
  • Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines : 1 500
  • Université de Paris : 3 700
  • Sorbonne Université : 2 150
  • Paris-XII : 1 150
  • Paris-XIII : 1 010
  • Paris-Saclay : 1 100
  • Caen : 1 175
  • Rouen : 1 215
  • Bordeaux : 2 005
  • Limoges : 850
  • Poitiers : 1 060
  • Montpellier : 1 800
  • Toulouse III : 1 870
  • Angers : 1 100
  • Nantes : 1 280
  • Aix-Marseille : 2 530
  • Côte d'Azur : 1 080
  • Antilles : 1 140
  • La Guyane : 630
  • La Réunion : 75
  • Nouvelle-Calédonie : 75
  • Polynésie française : 105

Le déroulement des études de médecine

Le cursus des études de médecine se compose de 3 grandes étapes :

  • Un 1er cycle de 3 ans qui comprend la 1re année d’accès aux études de santé et 2 années pour acquérir les bases médicales fondamentales. Les enseignements dispensés comprennent essentiellement des cours théoriques, des travaux dirigés et quelques semaines de stages en milieu hospitalier.

À l’issue du 1er cycle, l’étudiant obtient le premier diplôme de son cursus universitaire : c’est le DFGSM (diplôme de formation générale en sciences médicales), reconnu au niveau licence.

  • Un 2e cycle de 3 ans que l’on appelle traditionnellement « externat ». Il permet d’approfondir les connaissances médicales. La pratique clinique y occupe de plus en plus de temps avec de nombreux stages obligatoires à réaliser et un minimum de 25 gardes sur 3 ans.

À la fin de la 6e année, l’étudiant est soumis à l’évaluation de ses connaissances (épreuves dématérialisées nationales - EDN) et de ses compétences (examens cliniques objectifs et structurés - ECOS). Son parcours de formation et son projet professionnel sont également pris en compte (cursus, engagement social, associatif ou pédagogique, mobilité linguistique, expérience professionnelle…).

En fonction de ses résultats et de son classement, l’externe pourra choisir la spécialité et la ville de son internat.

Le 2e cycle débouche sur l’obtention du Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Médicales (DFASM), reconnu au niveau master.

  • Un 3e cycle, appelé internat. Il correspond à la phase de spécialisation et de professionnalisation de l’étudiant en médecine, alors que les 6 premières années d’études sont communes à tous. L’internat dure entre 3 et 6 ans selon la spécialité choisie parmi les 44 possibles (13 spécialités chirurgicales, 30 spécialités médicales et la biologie médicale).

Après avoir validé stages, enseignements et mémoire, l’interne obtient le DE de docteur en médecine, assorti du DES (diplôme d’études spécialisées) de la discipline suivie.

Pour plus d’informations, consultez notre dossier dédié à l’interne en médecine.

Quel est le prix des études de médecine ?

Selon l’Association des Étudiants en Médecine de France (ANEMF), suivre des études de médecine coûte en moyenne 15 000 € par an. Ce prix comprend :

  • les droits d’inscription au diplôme préparé
  • la contribution de vie étudiante et de campus (CVEV)
  • les achats de matériel pédagogique (livres, référentiels, blouses, stéthoscope…)
  • les frais de vie courante (transport, repas, loyer, forfaits internet/téléphone…)

Le coût total de la formation peut cependant varier du simple au double selon la situation personnelle de l’étudiant en médecine, la durée des études, la spécialité qu’il étudie, mais également la ville dans laquelle se trouve son université.

Enfin, l’inscription à des classes préparatoires privées ne doit pas être négligée, les prix allant de 4 000 € à plus de 7 000 €/an.

Existe-t-il des aides pour financer sa formation de médecin ?

Les rémunérations et les différentes indemnités (garde, astreintes…) perçues par les étudiants en médecine ne suffisent généralement pas à couvrir l’ensemble des frais engagés pour mener leurs études.

Certains d’entre eux (boursiers sur critères sociaux, boursier du gouvernement français, pupille de la nation…) peuvent bénéficier d’une exonération totale ou partielle des frais de scolarité.

D’autres aides financières existent et dépendent de la situation personnelle de l’étudiant :

  • Bourse d’études sur critères sociaux (BCS)
  • Bourse des collectivités territoriales
  • Aide au mérite pour les étudiants ayant obtenu le baccalauréat avec une mention très bien
  • Aide au logement de la Caisse d’allocations familiales
  • Contrat d’engagement service public (CESP)
  • Prêt bancaire garanti par l’État

L’accompagnement et le soutien pédagogique des étudiants en médecine

Confrontés aux différentes exigences de leur cursus, les étudiants en médecine ont souvent besoin d’être accompagnés dans la préparation de leurs études.

Les classes préparatoires médecine

Il existe en France environ 60 prépas médecine. Ce sont des établissements privés, généralement situés à proximité des facs de médecine.

Les classes prépas accompagnent les étudiants en parallèle de leurs études en PASS ou L.AS, dans l’objectif d’augmenter leur chance de réussite en fin d’année.

Les cours, tutorats et stages intensifs sont dispensés les soirs, les week-ends et pendant les vacances scolaires. Ils permettent :

  • Les remises à niveau
  • L’approfondissement des connaissances
  • Un accompagnement individualisé
  • L’acquisition de méthodes de travail
  • La préparation aux concours d’accès aux études de médecine

Le tutorat santé

Le tutorat a initialement été créé par les associations étudiantes pour aider à vivre plus sereinement l’année difficile qu’est la 1ere année des études de santé, et notamment le concours d’entrée en médecine.

Les objectifs du tutorat ont progressivement évolué pour s’adapter à l’évolution du cursus de médecine. Sa mission principale demeure le rétablissement de l’égalité des chances face aux prépas privées, très onéreuses et donc non-accessibles à tous.

Aujourd’hui, le tutorat bénéficie d’un cadre légal :

  • chaque faculté de médecine doit le proposer à ses étudiants en PASS, en L.AS 1, L.AS 2 et L.AS 3
  • selon les cas, il peut être géré par l’université elle-même (tutorat institutionnel), par une association d’étudiants (tutorat associatif) ou par une corporation d’étudiants (tutorat corporatiste)
  • le tutorat est gratuit
  • il s’agit d’un dispositif d’accompagnement global qui comprend : accompagnement pédagogique et méthodologique, aide aux révisions, soutien moral, cours de remise à niveau, parrainage par un étudiant d’année supérieure, information, échanges & conseils, aide à l’orientation, séances de QCM, d’épreuves blanches et d’enseignements dirigés (ED), partage de supports pédagogiques, séances de gestion du stress, d’activités sportives…

Les autres dispositifs d’aides

Les étudiants en médecine peuvent, sous certaines conditions et selon leurs besoins, bénéficier d’autres aides pour réussir leurs études. Parmi elles, on peut citer :

  • les services Réussite étudiante
  • le prêt de ressources numériques (ordinateurs, données mobiles…)
  • les plateformes de cours en ligne
  • les dispositifs d’accompagnement psychologique  (Asso SPS, Numéro vert : 0 805 23 23 36)

Perspectives d'avenir pour les étudiants en médecine

Les opportunités de carrière

Après avoir validé leur cursus universitaire, les étudiants en médecine ont la possibilité d’exercer en tant que médecin généraliste ou spécialiste dans différents environnements. Parmi ceux-ci, on trouve :

  • Cabinet privé
  • Hôpitaux et cliniques
  • Centres de soins, centres de rééducation…
  • Laboratoires de recherche médicale (INSERM…)
  • Industrie pharmaceutique
  • Compagnies d'assurance santé
  • Associations sportives, centres de remise en forme…
  • Administrations publiques (ministère de la Santé, ARS)
  • Organisations humanitaires
  • Enseignement supérieur (en tant que professeur ou enseignant-chercheur)

La poursuite d’études

Pour se sur-spécialiser, se tourner vers une autre spécialité médicale ou changer de secteur d’activité, les médecins sont souvent amenés à compléter leur formation initiale avec des enseignements complémentaires.

Grâce à la formation médicale continue, un large choix de formations diplômantes ou non s’offre à eux : DU, DIU, masters, CESU, DESU, DESIU, capacités de médecine, etc.

Par ailleurs, depuis 2013, la formation médicale continue est une obligation légale pour tous les professionnels de santé, au travers du développement professionnel continu (DPC). Son but est de maintenir et d’améliorer les compétences des médecins tout au long de leur carrière.

Liens utiles pour les étudiants en médecine

  • ANEMF - Association nationale des étudiants en médecine de France

L’ANEMF est une association loi 1901 qui travaille depuis 1965 pour l’intérêt commun des étudiants en médecine.

79 rue Perier - 92120 MONTROUGE

Site : https://www.anemf.org/

  • ISNI - InterSyndicale Nationale des Internes

L’ISNI a pour mission de représenter et de défendre les droits des internes en médecine auprès des interlocuteurs institutionnels, politiques, syndicaux et associatifs.

17 rue du Fer à Moulin - 75005 PARIS

Site : https://isni.fr/

  • SPS – Soins aux professionnels de la santé

Créée en novembre 2015, SPS est une association nationale reconnue d’intérêt général, référencée par la Haute Autorité de Santé et le Ministère de la Santé. Elle aide les étudiants en médecine en souffrance au travail et agit en prévention pour leur mieux-être.

31, avenue de Versailles - 75016 PARIS

Site : https://www.asso-sps.fr/

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