Métier d’hygiéniste : formation, salaire, informations

L’hygiéniste joue un rôle primordial dans la prévention et le contrôle du risque infectieux associé aux soins de santé. Jusque-là méconnu du grand public, c’est la crise sanitaire de Covid-19 qui a fait émerger le caractère incontournable des missions assurées par ces professionnels de l’hygiène hospitalière.

Vous envisagez de devenir hygiéniste et recherchez des informations sur la profession ? Cette fiche complète vous explique tout ce qu’il faut savoir sur le métier d’hygiéniste.

Métier hygiéniste

Le travail d'un hygiéniste en France

L’hygiéniste exerce une fonction essentielle dans un établissement de santé.

Qu’est-ce qu’un hygiéniste ?

L’hygiéniste est un professionnel de santé spécialisé dans l’hygiène d’un établissement de soins. Il veille à la propreté des locaux, du linge et du matériel de soins ainsi qu’à la qualité de l’environnement.

L’hygiéniste est également impliqué dans la prévention du risque infectieux et la lutte contre les infections nosocomiales – infections associées aux soins. Il participe ainsi au CLIN (comité de lutte contre les infections nosocomiales) de son établissement.

Impliqué dans la démarche qualité et dans la gestion des risques de l’établissement, l’hygiéniste collabore étroitement avec le responsable Assurance Qualité (surtout en période de certification).

Quel est le rôle d’un hygiéniste ?

L’hygiéniste est chargé de mettre en œuvre des actions d’évaluation des pratiques professionnelles, de prévention et d’amélioration dans le domaine de l’hygiène.

Son rôle est fondamental pour assurer la qualité et la sécurité des soins dans les établissements hospitaliers. Ses missions peuvent varier en fonction de l’établissement dans lequel il travaille et selon les services de soins qui y sont présents.

Quelles sont les missions d'un hygiéniste ?

Évaluation et audit

  • Réalise audits et enquêtes relatifs à la prévention des infections associées aux soins (IAS)

Prévention des risques

  • Coordonne et anime les programmes de surveillance et de contrôle des infections
  • Organise l’hygiène des unités de soins : hygiène des locaux, du linge et des matériels utilisés (lavage, désinfection, stérilisation…)
  • Contrôle les procédures d’élimination des déchets
  • Maîtrise l’environnement hospitalier : air, eau, alimentation
  • Veille à la protection du personnel soignant contre les accidents d’exposition au sang (AES)
  • Coordonne, organise et met en place les actions pour lutter contre les infections associées aux soins
  • Veille au respect des bonnes pratiques professionnelles
  • Propose des axes d’amélioration au personnel

Gestion de crise

  • Assure le signalement des maladies à déclaration obligatoire et des événements indésirables
  • Participe à la mise en place et au suivi de l’isolement des patients infectés
  • Mène des investigations pour déterminer l’origine de l’infection

Veille réglementaire

  • Assure un suivi permanent de la réglementation et de la législation
  • Diffuse auprès des professionnels les recommandations sanitaires

Formations et communications

  • Forme le personnel - soignant et non-soignant - à l’hygiène, sur la base des recommandations sanitaires en vigueur en France
  • Intervient dans des instituts de formation en santé
  • Communique avec les partenaires extérieurs et les autorités de régulation (ARS, CPIAS)
  • Participe aux réunions et groupes de travail
  • Rédige des synthèses de résultats et des rapports d’activités

À savoir : il existe un plan national de prévention des infections associées aux soins (PROPIAS) qui définit chaque année des objectifs prioritaires en fonction du contexte sanitaire. En fonction des priorités déterminées, l'hygiéniste propose des axes d'amélioration auprès des services concernés.

En parallèle, il y a également des objectifs propres à chaque établissement de santé en fonction des problématiques identifiées par les évaluations ou les audits.

Qualités et compétences requises pour devenir hygiéniste

Certaines compétences techniques et personnelles sont fondamentales pour exercer le métier d’hygiéniste :

  • Connaître la réglementation (les règles en matière d’hygiène et de sécurité de son établissement et la réglementation santé en vigueur)
  • Avoir de bonnes connaissances en microbiologie, épidémiologie et techniques de désinfection
  • Connaître les bases de prévention des infections liées à un soin invasif ou à l’environnement hospitalier
  • Maîtriser les méthodologies de surveillance, de contrôle et d’amélioration
  • Avoir de bonnes capacités rédactionnelles et être à l’aise avec l’outil informatique (rédaction de rapport…)

En plus des qualités inhérentes à tous les métiers en contact avec des patients (empathie, amabilité…), pour devenir hygiéniste, il est nécessaire de :

  • Être organisé, rigoureux et méthodique
  • Être autonome et savoir comment agir dans l’urgence
  • Faire preuve de calme, d’assurance et de maîtrise pour faire face aux situations de crise
  • Avoir le sens des responsabilités
  • Être dynamique et résistant à la fatigue
  • Être pédagogue
  • Avoir l’esprit d’équipe
  • Aimer travailler dans un secteur pluridisciplinaire
  • Être observateur et avoir un très bon relationnel, pour aller à la rencontre des équipes et analyser leurs pratiques

L'histoire de la profession d’hygiéniste en quelques dates

  • Années 80 : naissance de la notion d’hygiène hospitalière en France.
  • 1988 : suite à l’affaire du sang contaminé, obligation légale pour tous les établissements de santé de créer des comités de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN).
  • 1992 : création des CCLIN (Centre de Coordination de la Lutte contre les Infections Nosocomiales).
  • 1999 : création obligatoire des équipes opérationnelles d’hygiène hospitalière (EOHH).
  • 2004 : première promotion du DU d’infirmiers en hygiène hospitalière (Université de Saint-Etienne).
  • 2009 : la loi Hôpital, Patient, Santé et Territoires (HPST) impose la notion de sécurité et de qualité des soins à tous les établissements de santé ;
  • 2017 : création des CPIAs (Centre d'appui pour la prévention des infections associées aux soins).

Où peut travailler un hygiéniste ?

L’hygiéniste peut travailler dans tous les établissements de santé et centres médico-sociaux :

  • hôpitaux ;
  • cliniques ;
  • EHPAD ;
  • foyers d’accueil médicalisés ;
  • maisons d'accueil spécialisées…

L’hygiéniste a une fonction transversale au sein de l’établissement. En général, il fait partie d’une EOHH (équipe opérationnelle en hygiène hospitalière). Dans les structures plus petites, il travaille souvent seul ou bien, il gère plusieurs établissements à la fois.

L’hygiéniste peut également exercer dans des cabinets spécialisés en tant qu’expert pour faire du conseil ou de la formation.

Quel est le salaire d'un hygiéniste ?

Le salaire d'un infirmier hygiéniste hospitalier dépend de nombreux critères comme l'expérience, le niveau d'étude et le lieu d'exercice. Les heures de garde, les primes et les heures supplémentaires influencent aussi sa rémunération.

Contrairement à d’autres infirmiers spécialisés (IBODE ou IADE), l'infirmier hygiéniste ne dispose pas d'un statut professionnel spécifique. Leur grille salariale est donc la même que celle des infirmiers classiques. Le salaire brut moyen d'un infirmier est d’environ 2 236 € par mois. Dans la fonction publique, son salaire suit une grille indiciaire et varie selon son grade et son échelon.

La formation pour devenir hygiéniste

L’hygiéniste est généralement un infirmier en soins généraux qui s’est spécialisé dans l’hygiène hospitalière. De ce fait, les hygiénistes sont souvent appelés « infirmiers hygiénistes ».

Il existe des médecins hygiénistes : leurs missions sont globalement similaires à celles des infirmiers hygiénistes, à ceci près que leurs fonctions sont affinées du fait de leur niveau supérieur de compétences.

Quel est le diplôme pour devenir hyginéiste ?

Pour accéder à ce type de poste et de fonction, il faut être titulaire d’un diplôme d’État (DE) de niveau III - comme le DE d’infirmier - complété par l’obtention d’un diplôme supplémentaire de spécialisation en hygiène hospitalière. Il en existe deux :

  • Diplôme universitaire (DU) hygiène hospitalière et gestion de la contagion ;
  • Diplôme interuniversitaire (DIU) hygiène hospitalière et infections associées aux soins.

À savoir : l’obtention de l’un de ces 2 diplômes est également conseillée aux médecins souhaitant exercer la profession d’hygiéniste.

Quel est le programme de la formation en hygiène hospitalière ?

La formation apporte les connaissances nécessaires à l’exercice de l’hygiène hospitalière. Elle comprend des cours théoriques, des travaux dirigés + stage dans une équipe opérationnelle d’hygiène hospitalière.

Les enseignements varient d’une université à l’autre, mais comprennent des grandes thématiques telles que :

  • Bases théoriques de la lutte contre les infections associées aux soins
  • Microbiologie des infections associées aux soins
  • Aspects cliniques et épidémiologiques
  • Risques infectieux liés à l’environnement
  • Utilisation d’outils de la gestion du risque infectieux
  • Prévention de la contamination : stérilisation, antisepsie, désinfection, environnement
  • Hygiène et pratiques des soins
  • Pédagogie, animation de groupes et méthodologie

Quelles sont les voies d’accès au métier d’hygiéniste ?

Pour pratiquer le métier d’hygiéniste, il faut franchir plusieurs étapes :

  • obtenir un baccalauréat (scientifique de préférence) ;
  • intégrer un institut de formation en soins infirmiers (IFSI) ;
  • obtenir le diplôme d’État d’infirmier (niveau bac +3) ;
  • avoir au moins 3 ans d’expérience dans un établissement de soins.

Combien coûte la formation d’hygiéniste et comment la financer ?

Le coût de la formation varie d’une université à l’autre et comprend :

  • les frais de dossier (300 € en moyenne) ;
  • la cotisation de vie étudiante et campus (CVEC) de 92 € ;
  • les droits de scolarité (de 400 à plus de 1 000 €/an).

Des frais de vie courante (transport, repas…) sont également à prévoir.

Il existe plusieurs possibilités d’aides financières selon que la formation en hygiène hospitalière se fait par la voie de la formation initiale ou bien de la formation continue (CPF, DIF, AIF…).

Poursuite d’études et évolution de carrière de l’hygiéniste 

En se formant et avec l’expérience, l’infirmier hygiéniste peut devenir cadre hygiéniste hospitalier et exercer des fonctions d’encadrement avec des prérogatives plus importantes.

Il peut également devenir infirmier en pratique avancée en passant le DEIPA (diplôme d'État d'infirmier en pratique avancée). L'infirmier de pratique avancée suit un patient confié par un médecin pour des tâches comme le renouvellement d'ordonnance, la prescription d'examens…

Le métier d'hygiéniste au quotidien

Les horaires (de semaine), la nature du travail et l'indépendance relative en matière de prise de décision sont des facteurs qui rendent le métier d’hygiéniste attractif. Le fait d’occuper un poste clé qui améliore la qualité du travail de toute une équipe est également très valorisant.

La nécessité de toujours être attentif, car une erreur dans l’accomplissement d’une tâche peut avoir de lourdes conséquences, la fatigue physique et le stress généré par les situations de crise (Covid-19) peuvent être vécus comme des difficultés.

Quelques témoignages d’hygiénistes :

Associations professionnelles et liens utiles pour hygiéniste

SF2H – Société française d’hygiène hospitalière

La SF2H est une association loi 1901 qui se donne pour mission de promouvoir la sécurité et la qualité des soins en organisant des réunions scientifiques et des groupes de travail entre professionnels du domaine.

AHP - Association des Hygiénistes de Picardie

Association loi 1901 labellisée « Organisme de formation professionnelle continue » (n°22600194860), l’AHP a pour principal objectif de former et d’informer les professionnels en hygiène exerçant en Picardie.

CPIAS – Réseau national de prévention des infections associées aux soins

Ensemble de structures publiques hébergées dans des CHU, chargées de mettre en œuvre la politique nationale de prévention des infections associées aux soins (IAS).

HAS – Haute autorité de santé

Créée par la loi du 13 août 2004 relative à l’Assurance maladie, la HAS a pour rôle d’évaluer et d’améliorer la qualité et la sécurité des soins dans les établissements de santé pour garantir aux patients la meilleure prise en charge.

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