Kinésithérapeute : fiche métier, salaire et formation

Le kinésithérapeute soigne les affections bénignes comme les torticolis, les entorses et les œdèmes. Il traite également les atteintes plus sévères telles que les traumatismes dus aux accidents, les paralysies ou les troubles neurologiques. Son rôle est de préserver ou de restaurer le mouvement pour améliorer la qualité de vie de ses patients. Il intervient aussi bien sur des nourrissons et des personnes âgées que sur des sportifs ou des femmes enceintes.

Vous souhaitez devenir kinésithérapeutes ? Découvrez les principales missions du métier, les salaires, qualités requises et les formations pour devenir kinésithérapeute.

métier kinésithérapeute

Kinésithérapeute : le métier

Le kinésithérapeute est un professionnel de la santé qui réalise un travail quotidien basé sur le soin et l’accompagnement des personnes.

Qu’est-ce qu’un kinésithérapeute ?

Le terme kinésithérapie - également appelée physiothérapie - est issu des mots grecs kinésis (mouvement) et therapeuein (soigner). Il signifie littéralement « soigner par le mouvement ».

Le kinésithérapeute est un praticien qui traite, soigne et rééduque les atteintes de l’appareil locomoteur (os, ligaments, muscles…) par des mouvements actifs et passifs (gymnastique médicale, massages, électrothérapie…).

Quel est le rôle d’un kinésithérapeute ?

Le masseur-kinésithérapeute travaille sur prescription médicale, à la demande d’un médecin ou d’un chirurgien.

Il effectue, manuellement ou à l’aide d’instruments, des actes de rééducation/réadaptation pour préserver ou restaurer l’intégrité structurelle et fonctionnelle d’une personne.

Le champ d’application du kinésithérapeute est large. Il soigne des affections bénignes comme des traumatismes sévères : dorsalgies, entorses, troubles de l’équilibre, incontinences, affections respiratoires, troubles de la déglutition, problèmes posturaux, douleurs post-chirurgicales, rééducation musculaire et articulaire, traumatologie…

Il intervient à tous les âges de la vie, sur des malades, des personnes accidentées, des sportifs, des femmes enceintes…

Quelles sont les missions d'un kinésithérapeute ?

Diagnostic

  • Analyse et interprète l’ordonnance du médecin prescripteur
  • Réalise des examens et des tests pour évaluer les capacités motrices, sensorielles, cognitives et sensitives des patients
  • Établit un diagnostic kinésithérapique

Travail en équipe

  • Collaboration étroite avec d’autres professionnels de la santé et du soin (médecins, chirurgien, ostéopathe, orthoptiste…)

Soins et traitements

  • Détermine le traitement à mettre en œuvre (technique, nombre de séances…) et fixe les objectifs
  • Adapte sa prise en charge selon les besoins et les caractéristiques de la personne qu’il soigne
  • Intervient manuellement et/ou avec l’aide d’appareillages (massage, gymnastique médicale, chaleur, ultrason, cryothérapie, électrostimulation...)
  • Contrôle l’efficacité du traitement et l’adapte en cas de besoin

Pédagogie

  • Apporte des conseils thérapeutiques pour prévenir les récidives, compenser une perte fonctionnelle…

Les qualités et compétences requises pour être kinésithérapeute

Le métier de kinésithérapeute nécessite des connaissances médicales et la maîtrise des outils spécifiques de rééducation/réadaptation. Le kinésithérapeute doit aussi posséder certaines qualités personnelles :

  • Habileté gestuelle
  • Capacité d’analyse, d’observation et de synthèse
  • Capacité d’écoute, de dialogue et de compréhension
  • Bonne résistance physique
  • Patience, empathie et bienveillance
  • Pédagogie

Où travaille un kinésithérapeute ?

Le kinésithérapeute peut travailler dans le secteur public ou privé et au sein de différentes structures :

  • un établissement hospitalier
  • une clinique
  • un EHPAD ou une maison de retraite 
  • un centre de rééducation fonctionnelle
  • un centre de remise en forme ou un établissement thermal
  • un club ou une association de sports 
  • un centre d'accueil pour personnes handicapées
  • à domicile
  • dans son propre cabinet

Histoire de la kinésithérapie

La kinésithérapie est née au début du XIXe siècle, mais ses origines sont lointaines et remontent probablement jusqu’à l’Antiquité.

  • Plus de 2 000 ans av. J.C. : en Chine comme en Inde, la gymnastique douce et les mouvements passifs sont évoqués pour trouver l’harmonie entre le corps et l’esprit.
  • Moyen-âge : destruction des thermes et abandon des soins du corps, jugés inconvenants.
  • Renaissance : les découvertes scientifiques ouvrent la voie à la thérapie par le mouvement.
  • Au XVIIIe siècle : Pehr Henrik Ling - père de la masso-kinésithérapie - rédige « Les fondements généraux de la gymnastique ».
  • À partir de 1837 : l’Institut central de gymnastique de Stockholm délivre le diplôme de médecin-gymnaste à ses élèves qui ouvrent en ville des salles de gymnastique et de massage.
  • 1914-1918 : le service de santé des Armées met en place des centres spécialisés pratiquant l’ensemble des pratiques physiothérapiques pour la récupération et la rééducation des blessés.
  • 1924 : instauration du diplôme d’État d’infirmier masseur.
  • 1946 : le diplôme d’État de masseur-kinésithérapeute est créé et officialise la profession.

Quel est le salaire d'un kinésithérapeute ?

Comme pour la plupart des professionnels de la santé, le salaire du kinésithérapeute varie selon son secteur d’activité, le type de structure dans lequel il exerce (privé, établissement public, à son propre compte) et l’ancienneté.

Dans la fonction publique hospitalière et après le Ségur de la santé, le salaire mensuel brut sont compris entre 1 900 € pour un kiné débutant et 3 400 € pour un cadre de santé en fin de carrière.

S’il exerce en libéral, ses revenus sont évidemment fonction de l’importance de sa clientèle, mais il gagne très correctement sa vie. Le revenu mensuel moyen net des masseurs-kinésithérapeutes libéraux est d’environ 3 500 €.

Kinésithérapeute : la formation

La formation des kinésithérapeutes dure 5 ans. Elle comprend une année universitaire suivie de quatre années de formation professionnelle en Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie (IFMK).

Quel diplôme pour devenir kinésithérapeute ?

En France, il est indispensable d’obtenir un diplôme d’État (DE) de masseur-kinésithérapeute pour pouvoir exercer ce métier.

Il s’agit d’un diplôme de niveau I reconnu au grade de master depuis 2021.

Quel est le programme des études de kinésithérapie ?

Conformément à l’Arrêté du 2 septembre 2015, seuls les instituts de formation en masso-kinésithérapie (IFMK) sont en mesure de former au métier de kinésithérapeute. Il existe une quarantaine d’IFMK publics et privés répartis dans toute la France.

Les étudiants qui intègrent ces écoles suivent une formation de 4 ans pour acquérir des connaissances sur l’anatomie humaine, la biomécanique et les techniques gestuelles. Les enseignements comprennent des cours magistraux, des travaux pratiques et des stages annuels.

Le programme des cours suivis est le même dans toute la France, seules les options diffèrent en fonction des IFMK.

Le cursus se divise en 2 cycles de formation de 2 ans chacun :

  • 1er cycle : correspond à l’acquisition des savoirs fondamentaux et à l’appropriation de la démarche clinique.
  • 2e cycle : davantage tourné sur le métier de kinésithérapeute, il permet aux étudiants de développer les compétences de diagnostics et d’interventions grâce à des cours pratiques.

La formation de masseur-kinésithérapeute peut être suivie en formation initiale, en formation continue ou en alternance.

Les personnes titulaires d’un DE d’une profession du paramédical ou d’un bac+5 en santé, sont dispensées du suivi et de la validation de certains cours. C’est le cas par exemple des infirmiers, ergothérapeutes, podologues…

Comment entrer dans une école de kinésithérapie ?

Pour accéder à la formation de Kinésithérapeute, il faut obligatoirement être titulaire du baccalauréat scientifique et avoir effectué une première année universitaire.

Depuis la réforme des études de santé, les universités ont mis en place de nouvelles modalités d’accès aux études de kinésithérapie.

La Première année commune aux études de santé (PACES) a été supprimée. Désormais, pour intégrer une IFMK, les étudiants ont la possibilité de choisir parmi 3 types de parcours :

1. La licence avec option santé (L.AS)

Le lycéen choisit la licence qui correspond le mieux à ses projets et à ses points forts (lettres, droit, SVT, gestion, économie, etc.) et qui propose un « accès santé » en kinésithérapie. Il est important de vérifier sur Parcoursup que la L.AS choisie permet de candidater à la filière kinésithérapie, car certaines ne donnent accès qu’à des études de médecine, maïeutique, odontologie et pharmacie.

2. Le parcours d’accès spécifique santé (PASS)

Il est proposé uniquement par les universités qui ont une unité de formation et de recherche (UFR) en santé. Cette voie est adaptée à tous les étudiants qui apprécient les disciplines scientifiques et qui ont de solides compétences dans ces domaines.

 Le PASS s'articule autour d'une majeure santé et d'une option hors santé (par exemple : droit, lettre, etc.) que le lycéen doit choisir en fonction de ses points forts et de ses autres projets éventuels.

3. Une licence Biologie ou STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives)

Les personnes en situation de handicap visuel peuvent suivre une année spécifique favorisant l’accès à la formation conduisant au DE de masseur-kinésithérapeute.

Quel que soit le parcours suivi, tout étudiant a 2 chances pour candidater aux études de kinésithérapie.

Les épreuves de sélection pour intégrer un institut de formation en masso-kinésithérapie

Pour être admis dans un IFMK, les candidats doivent obtenir un total de points au moins égal à 30 sur 60 aux trois épreuves de sélection suivantes :

  • 1 épreuve d’admissibilité (écrite, 1 h 30, notée sur 20 points) comportant 5 questions de culture générale. Le candidat doit obtenir au moins 10 points sur 20 pour être admissible.
  • 1 entretien oral (30 min, 20 points) sur le projet professionnel et les motivations du candidat
  • 1 mise en situation pratique (1 h 30, 20 points) à partir d’un cas clinique tiré au sort.

Une note inférieure à 10/20 est éliminatoire. Au vu des résultats obtenus aux 3 épreuves de sélection, le président du jury établit un classement des candidats.

En cas d'égalité de points entre plusieurs candidats, le classement est déterminé par la note obtenue à l'épreuve écrite, puis à celle de mise en situation pratique. 

Si les candidats n’ont pas pu être départagés, c’est le plus âgé qui est classé avant les autres.

Combien coûte la formation de kinésithérapeute ?

Le coût de la formation pour devenir kinésithérapeute peut être élevé. Il dépend entre autres, du cursus et de l’établissement de formation choisis, ainsi que de la situation personnelle de l’étudiant.

Il comprend :

  • des frais de scolarité et des frais de dossier pour l’inscription en première année d’université ;
  • la contribution à la vie étudiante et de campus (CVEC) d’un montant de 92 € ;
  • le prix de la formation en IFMK. Il est très variable en fonction du statut de l’IFMK (public ou privé) et peut aller de 170 € à plus de 5 000 €/an ;
  • des frais d’hébergement, de restauration, de transport…

Comment financer sa formation de kinésithérapeute ?

Selon leur situation individuelle, les étudiants des IFMK peuvent bénéficier des aides suivantes :

  • bourse d’études octroyée par la Région ;
  • contrat d'apprentissage avec un établissement de santé qui finance tout ou partie des études. En contrepartie, l’étudiant s’engage à y réaliser ses stages et à y travailler sous le statut d’apprenti lors des périodes de vacances scolaires ;
  • contrat d’allocation d’études proposé par des établissements de santé en échange d’un engagement à y travailler ensuite pendant une ou plusieurs années ;
  • convention de formation professionnelle avec l’APHP (Assistance Publique Hôpitaux de Paris) : prise en charge financière de la formation par l’assistance publique à partir de la 2e année, l’étudiant est aussi salarié de l’APHP pendant ses études et s’engage à travailler ensuite pendant 3 à 5 ans à l’APHP lorsqu’il aura obtenu son Diplôme d’État de Masseur-Kinésithérapeute ;
  • un prêt étudiant auprès des banques.

Poursuites d’études et évolutions de carrière du kinésithérapeute

Une fois obtenu le DE de masseur-kinésithérapeute, les étudiants ont la possibilité de se spécialiser pour approfondir leurs connaissances ou développer leur champ d’expertise en :

  • continuant en 2e année de Master dans des domaines en relation avec la kinésithérapie (Biomécanique, Neurosciences, Vieillissement et handicap, etc.) ;
  • s’inscrivant dans un Diplôme Universitaire ou un diplôme Inter-Universitaire en lien avec le métier de masseur-kinésithérapeute (DU Technologies du sommeil et de l’éveil, DU Kinésithérapie du sport, DIU Appareillage et déformations du rachis de l’enfant et de l’adulte, DIU Prise en charge de la douleur…) ;
  • poursuivant des études médicales (médecine, pharmacie, odontologie ou maïeutique) sans passer par la 1re année des études de santé (sur dossier et après jury d’admission).

La liste des diplômes complémentaires reconnus par le Conseil national de l’ordre est consultable sur le site de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes.

Comme tous les professionnels de santé, les kinésithérapeutes ont l’obligation de se former tout au long de leur vie professionnelle. Avec le développement professionnel continu (DPC), tout en remplissant leur obligation triennale, ils peuvent actualiser leurs savoirs, acquérir de nouvelles compétences et enrichir leur parcours professionnel pour mieux répondre aux besoins des patients.

Ainsi, après plusieurs années d’expérience en milieu hospitalier, les kinésithérapeutes peuvent évoluer vers des métiers de responsabilités (cadre de santé, directeur de soins…).

Ils peuvent aussi se spécialiser dans le sport, la kinésithérapie respiratoire, la rhumatologie ou évoluer vers d’autres métiers comme l’ostéopathie (ils peuvent dans ce cas bénéficier d’une dispense de formation).

Le métier de kinésithérapeute au quotidien

Les avantages du métier

  • Un quotidien souvent composé de moments gratifiants ;
  • Un rapport de proximité et de confiance avec des publics très différents (enfants, personnes âgées, femmes enceintes, sportifs, malades…) ;
  • Un travail en collaboration avec d’autres professionnels de la santé (médecins, infirmières, ostéopathes…).

Les inconvénients

  • Une activité qui peut être sous-évaluée lorsque le kiné est considéré comme un simple masseur ;
  • Un métier physiquement exigeant (debout, efforts physiques prolongés…).

Témoignages de masseurs-kinésithérapeutes en vidéo

  1. Un Masseur-kinésithérapeute à l’hôpital
  2. Un kiné dans un club de football professionnel
  3. Un masseur-kinésithérapeute en cabinet
  4. Une kinésithérapeute spécialisée en obstétrique

Associations et liens utiles pour les kinésithérapeutes

FNEK - Fédération Nationale des Étudiants en Kinésithérapie

La FNEK fédère les différentes associations d’étudiants en kinésithérapie du territoire français. Son objectif est de participer à la promotion et à l’évolution de la formation en kinésithérapie. Elle défend les intérêts des étudiants en kinésithérapie auprès des différentes instances nationales.

Ordre des masseurs-kinésithérapeutes

Créée en 2004, c’est la seule institution professionnelle qui rassemble et fédère l’ensemble des masseurs-kinésithérapeutes, quels que soient leur statut, leur mode et lieu d’exercice.

CMK - Collège de la masso-kinésithérapie

Association loi 1901, le CMK a pour objet d’améliorer les pratiques en kinésithérapie, d’élaborer et de diffuser des guides de bonnes pratiques et des recommandations destinées à la profession, d’être interlocuteur des autorités publiques et de collaborer avec les autres collèges de professionnels de santé.

AKTL – Association française des masseurs-kinésithérapeutes

Association loi 1901, l’AKTL a été créée en 1983 par les enseignants en Drainage lymphatique manuel (DLM) de l’Institut national de la kinésithérapie. C’est une des premières associations françaises de masseurs-kinésithérapeutes en termes de nombre d’adhérents.

AKEF – Association des kinésithérapeutes des équipes de France

Association loi 1901, créée en 1986 pour défendre et faire reconnaître le mode d'exercice des kinésithérapeutes des équipes de France.

  • Maison du Sport Français - 1 avenue Pierre de Coubertin - 75640 Paris Cedex 13
  • Site : http://www.akef.fr/

AKTL – Association kinésithérapeutes du monde

Kinésithérapeutes du Monde est une association à but non lucratif créée en 1987. Elle a pour but de faciliter l'accès aux soins de rééducation/réadaptation et de promouvoir l'inclusion des personnes vulnérables tant en France qu'à l'étranger, de promouvoir le droit fondamental à la santé pour tous et de mener des actions permettant de défendre ces droits.

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