Ostéopathe | Formation, Métier, Salaire & Débouchés

Nos modes de vie actuels combinés au vieillissement de la population contribuent à la recrudescence de troubles et de déséquilibres fonctionnels entrant dans le champ d’action de l’ostéopathe.

Le métier d’ostéopathe vous intéresse ? Découvrez en quoi il consiste, quelles sont ses principales missions, les études à suivre, les débouchés, les salaires et évolutions de carrière possibles.

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Le métier d'ostéopathe en France

L'ostéopathie est un métier dont l'exercice est officiellement reconnu depuis mars 2002 en France.

Qu’est-ce que l’ostéopathie ?

Selon le fondateur de l’ostéopathie, le Dr Andrew Taylor Still, le bien-être du corps humain est lié au bon fonctionnement de son appareil locomoteur (squelette, articulations, muscles, tendons, nerfs).

L’ostéopathie tient compte du fait que le corps est constitué d’un ensemble de structures interconnectées et dépendantes les unes des autres. Le moindre problème sur l’une d’elles peut provoquer, par répercussion, un déséquilibre général de l'état de santé.

L’ostéopathie soutient le concept selon lequel le corps a une capacité naturelle d’autorégulation et de guérison. Son objectif est de rétablir le bon fonctionnement de l’organisme en traitant la cause des douleurs et des déséquilibres qui peuvent résulter d’une maladie ou d’un traumatisme.

L’ostéopathie est une technique de soins exclusivement manuelle, basée sur la manipulation des os et des muscles. Grâce à des gestes de pression, d’élongation et de torsion, l'ostéopathe peut traiter les problèmes mécaniques du squelette, des viscères et du crâne. Sa pratique repose sur différentes disciplines telles que l'anatomie, la biomécanique, la neurologie ou encore la physiologie.

Quel est le rôle d’un ostéopathe ?

L’ostéopathe travaille avec ses mains et n’utilise aucun instrument. Il palpe, étire, masse, effectue des rotations, des tractions, etc. Ses gestes et ses manipulations sont lents et non-violents.

Il traite les troubles fonctionnels du système nerveux, les traumatismes musculo-squelettiques, les douleurs articulaires et toutes les atteintes de l’appareil locomoteur.

Il peut intervenir à tous les âges de la vie et auprès de tout type de patients (personnes accidentées, sportifs, femmes enceintes…).

Quelles sont les missions d’un ostéopathe ?

Accueil et recueil d'informations

  • Recueille les informations sur la situation de la personne : motif de la consultation, anamnèse, antécédents, examens déjà réalisés…
  • Réalise les examens physiques appropriés (palpations, mobilités articulaires et tissulaires…)
  • Évalue la douleur en prenant en compte l’ensemble de la personne et de son environnement
  • Établit un diagnostic ostéopathique
    •Oriente vers un autre professionnel de santé si besoin

Soins ostéopathiques

  • Recueille le consentement de la personne au traitement proposé
  • Prépare, organise, planifie les interventions et fixe les objectifs
  • Propose une prise en charge ostéopathique
  • Met en œuvre le traitement ostéopathique
  • Contrôle l’efficacité du traitement et l’adapte en cas de besoin

Travail en équipe et autres

  • Prend en charge la gestion administrative du cabinet, des dossiers, des matériels, des locaux et du personnel
  • Échange avec les autres professionnels de la santé et du soin (médecins, chirurgien, orthoptiste…)
  • Applique les règles en matière d’hygiène et de sécurité
  • Respecte les règles déontologiques émises par la profession
  • Rédige des comptes-rendus et des courriers
  • Transmet les informations nécessaires dans le cadre d’une prise en charge pluriprofessionnelle
  • Identifie les situations d’urgence et prend les mesures appropriées
  • Apporte des conseils thérapeutiques : posture, hygiène de vie, activité gestuelle…

Quelle différence entre ostéopathie et kinésithérapie ?

L’ostéopathie et la kinésithérapie agissent sur le mouvement. Bien que complémentaires, il s’agit cependant de deux spécialités différentes.

Contrairement au kinésithérapeute dont les actes sont remboursés par l’Assurance maladie, l’ostéopathe peut être consulté librement, sans ordonnance de médecin.

L’ostéopathe considère le corps humain comme un tout. Il recherche les dysfonctionnements qui relèvent de la mobilité des organes entre eux et procède aux mouvements nécessaires pour les corriger. Le masseur-kinésithérapeute effectue, quant à lui, la rééducation d’une zone spécifique du corps.

Les qualités et compétences requises pour être ostéopathe

Un ostéopathe doit avoir des connaissances médicales variées et posséder certaines qualités personnelles :

  • Habileté gestuelle
  • Capacité d’analyse, d’observation et de synthèse
  • Capacité d’écoute et de dialogue
  • Patience, empathie et bienveillance
  • Résistance physique
  • Pédagogie

Où travaille un ostéopathe ?

La majorité des ostéopathes travaille en libéral dans leur propre cabinet, seul ou en association avec d’autres ostéopathes ou autres professionnels de la santé.

Les ostéopathes peuvent aussi être salariés dans des entreprises, des centres de soins ou de remise en forme, des clubs sportifs, des maisons de retraite médicalisées ou encore des maternités.

Histoire de l'ostéopathie

  • Naissance de l’ostéopathie aux Etats-Unis au XIXe siècle.
  • En 1892 : première école créée à Kirksville par Andrew Taylor Still, sous le nom de « American School of Osteopathy ».
  • En 1899 : publication de « Philosophie et principes mécaniques de l’ostéopathie » par Andrew Taylor Still.
  • En 1917 : John Martin Littlejohn crée la British School of Osteopathy à Londres.
  • En1952 : le Dr. Lavezzari fonde la Société Française d’Ostéopathie.
  • En 1953 : création du Syndicat National des Médecins Ostéothérapeutes Français (SNMOF).
  • En 1959 : Paul Gény crée le Syndicat National des Ostéopathes.
  • En 1962 : un arrêté interdit la pratique de l’ostéopathie par les personnes qui ne sont pas titulaires du diplôme de médecin.
  • En 1970 : Paul Gény et John Whernam créent l’École Européenne d’Ostéopathie (EEO) à Maidstone, dans le Kent.
  • En 2002 : reconnaissance de l’ostéopathie par la loi n°2003-303 du 4 mars 2002.

Quel est le salaire d'un ostéopathe

Le salaire d’un ostéopathe est variable en fonction du secteur dans lequel il évolue (à son propre compte, établissement privé ou public), de son implantation géographique (rural, petite ou grande ville) et également de l’importance de sa clientèle.

En début de carrière, le salaire mensuel brut d’un ostéopathe libéral est compris entre 1 500 et 2 000 €. Avec l’expérience, l’ostéopathe peut gagner jusqu’à 4 000 ou 5 000 € par mois, voire plus.

Bon à savoir

Le prix moyen d’une consultation d’ostéopathie est d’environ 50 € (jusqu’à 100 € en région parisienne pour des professionnels reconnus). Les actes d’ostéopathie ne sont pas remboursés par l’Assurance maladie, mais de plus en plus de mutuelles les prennent en charge.

La formation pour devenir ostéopathe

La formation des ostéopathes dure 5 ans en temps plein et permet l’acquisition des connaissances théoriques et des compétences pratiques nécessaires à l’exercice du métier.

Quel diplôme pour devenir ostéopathe ?

Depuis 2007, il faut avoir obtenu le diplôme d’ostéopathe (DO) pour pouvoir exercer. Il ne s’agit pas d’un diplôme d’état à proprement parler, mais il est délivré par des établissements privés agréés par le Ministère de la Santé (décision n° 2015-20 du 7 juillet 2015).

D’un niveau de qualification 7, le diplôme d’ostéopathe est protégé par le titre RNCP 34258.

Bon à savoir : Les titulaires d’un diplôme de professionnel de santé peuvent bénéficier de dispenses de formation. Les médecins ont quant à eux la possibilité de valider un Diplôme Universitaire de Médecine Manuelle Ostéopathie, pour obtenir l’autorisation d’utiliser le titre d’ostéopathe.

Quelles sont les écoles préparant au diplôme d’ostéopathe ?

Un cadre réglementaire a été établi en 2014 pour normaliser la formation en ostéopathie, jusqu’alors de qualité très variable selon les écoles. Aujourd’hui, grâce à plus de 60 critères d’agrément précis et exigeants, les enseignements sont délivrés dans les meilleures conditions possibles.

31 écoles réparties sur le territoire français sont agréées par l’État pour dispenser la formation en ostéopathie. Il s’agit d’organismes privés dont la liste est disponible ici.

Pour intégrer une école d’ostéopathie, il faut être âgé de 17 ans au moins au 31 décembre de l’année en cours et être titulaire d’un baccalauréat ou d’un titre équivalent (DAEU). Les candidats sont sélectionnés sur la base d'un dossier et d’un entretien visant à évaluer leur motivation et leurs aptitudes à suivre la formation.

Quel est le programme des études d’ostéopathie ?

Conformément à l’arrêté du 12 décembre 2014, la formation comprend 4 860 heures d’enseignements sur 5 ans répartis en 7 grands domaines :

  • Sciences fondamentales (biologie cellulaire, moléculaire et biochimie, hématologie, immunologie, histologie, génétique, biophysique, anatomie…)
  • Sémiologie des altérations de l’état de santé (pharmacologie, examens para-cliniques, infectiologie, diététique, douleur…)
  • Sciences humaines, sciences sociales, gestion et droit (psychologie, sociologie, santé publique, éthique, déontologie, législation…)
  • Ostéopathie : fondements et concepts (les modèles de l’ostéopathie, le raisonnement, la démarche, le diagnostic…)
  • Pratique ostéopathique (anatomie palpatoire, le diagnostic d’opportunité, les traitements ostéopathiques, gestes et soins d’urgence…)
  • Méthodes et outils de travail (recherche documentaire et d'analyse d'articles, communication écrite et orale, anglais scientifique…)
  • Développement des compétences de l’ostéopathe (concevoir et conduire un projet d'intervention ostéopathique, analyser et faire évoluer sa pratique…)

La formation est réalisée sous la forme d’enseignements magistraux théoriques (CM), de travaux dirigés (TD) et de stages pratiques cliniques. La formation pratique clinique se répartit en stages externes (observation chez des professionnels, à l’hôpital, réalisation de consultations…) et en formation au sein de la clinique interne de l’établissement.

Selon la réglementation, au moins 150 consultations complètes et validées doivent être réalisées à la fin du cursus d’étude.

L’acquisition des compétences est évaluée par le contrôle continu tout au long de la formation. Les notes obtenues dans des unités d’enseignement appartenant à un même domaine peuvent se compenser, à condition qu’aucune note obtenue ne soit inférieure à 8/20. Les unités d’enseignement 4, 5 et 7 ne donnent jamais lieu à compensation.

La progression de l'étudiant au cours de la formation pratique clinique est appréciée à partir du livret de stage qui comporte des éléments inscrits par l'étudiant, son maître de stage et le formateur référent.

En fin de 5e année, le diplôme d'ostéopathe est délivré aux étudiants qui ont validé l'ensemble des unités d'enseignement, dont le mémoire, les 150 consultations complètes et l'ensemble des compétences en formation pratique clinique.

Le prix d’une formation d'ostéopathe

Le coût de la formation pour devenir ostéopathe dépend de l’établissement de formation choisi. Il comprend les frais d’inscription et de scolarité liés à la formation en elle-même. Pour l’année scolaire 2023/24, le coût total moyen sur 5 ans est d’environ 48 000 €.

Selon la situation personnelle de l’étudiant et si l’école est éloignée de son domicile, des dépenses annexes sont à prendre en compte (frais d’hébergement, de transport, de repas…).

Comment financer sa formation d’ostéopathe ?

En France, les établissements de formation en ostéopathie sont privés et n’ouvrent pas droit à une bourse d’études. Selon leur situation individuelle, les étudiants en ostéopathie peuvent bénéficier de certaines aides au financement :

  • bourse octroyée par les collectivités locales (région, département, commune) ;
  • prêt auprès des banques partenaires, avec des conditions tarifaires avantageuses ;
  • prêt étudiant garanti par l’État.

Le métier d’ostéopathe au quotidien

Les avantages du métier

  • Métier passionnant aux activités variées ;
  • Contact avec des publics très différents (enfants, personnes âgées, femmes enceintes, sportifs, malades…) ;
  • Liberté de gérer son emploi du temps ;
  • Profession en plein essor ;
  • Travail en collaboration avec d’autres professionnels de la santé (médecins généralistes et spécialistes, kinésithérapeutes, orthoptistes ou d’autres ostéopathes).

Les inconvénients

  • Activité très concurrentielle dans certaines zones géographiques ;
  • Métier physiquement exigeant (debout, efforts physiques prolongés…).

Poursuite d’études et évolution de carrière d’un ostéopathe

L’évolution de la carrière d’un ostéopathe passe généralement par la validation de formations complémentaires à sa formation initiale.

Avec elles, l’ostéopathe peut se spécialiser pour approfondir ses connaissances ou développer des compétences spécifiques pour la prise en charge de populations ou de troubles particuliers.

Il existe des formations diplômantes ou non sur des thématiques variées comme :

  • Master BBS (Biomécanique, Biomatériaux, Santé), Master Vieillissement et handicap…
  • Formation Approche ostéopathique du vieillissement
  • DU Ostéopathie du sport et physiologie de la posture
  • Diplôme spécialisé Ostéopathie périnatale et pédiatrique

Les ostéopathes expérimentés peuvent transmettre leurs connaissances théoriques et pratiques en enseignant ou bien s’investir dans la recherche et le développement.

Les groupes et associations d’ostéopathes

  • SFDO - Syndicat Français Des Ostéopathes

L’objectif du SFDO est « d’assurer la défense des droits ainsi que des intérêts matériels et moraux de ses membres, ostéopathes, tant sur le plan individuel que collectif. » Le SFDO représente la profession auprès des pouvoirs publics et des institutions publiques ou privées.

13 rue Dulac – 75015 Paris
Site : https://www.osteopathe-syndicat.fr/

  • SEROPP - Société européenne de recherche en Ostéopathie Périnatale et Pédiatrique

La SEROPP a pour objectif de rassembler tous les praticiens référents dans le domaine de la périnatalité et de la pédiatrie et de proposer un niveau de sécurité des soins optimal dans la discipline.

15 Rue Léopold Bellan - 75002 Paris
Site : https://seropp.org

  • SNOS – Syndicat national des ostéopathes du sport

Le SNOS a pour but de favoriser le développement et l’évolution de la profession dans le domaine du sport, des activités artistiques et de loisirs.

19 Rue Margueritte de Rochechouart - 75009 Paris
Site : www.snosteo.org

  • AFO – Association Française d’Ostéopathie

L’AFO a pour objectif la reconnaissance de la profession d’ostéopathe.

3 rue Ribot - 34000 Montpellier
Site : https://www.afosteo.org/

  • Ostéopathes de France

Créée en 1987, l’association a pour objectif de défendre les droits des ostéopathes et des étudiants auprès des services publics.

28 boulevard de la Bastille - 75012 Paris
Site : https://osteofrance.com/

Top 3 des livres à lire lorsqu’on veut devenir ostéopathe

  • Fiches pratiques d'anatomie palpatoire en ostéopathie par P. Gadet, M. Carpentieri. Éditions Elsevier Masson. Août 2015.
  • Atlas d'anatomie palpatoire. Pack 2 tomes par S. Tixa. Éditions Elsevier Masson. 2e édition. Mai 2017.
  • Ostéo – Les sciences fondamentales par K. Abbadi, P. Bourgeois, R. Planells et G. Furnelli. Éditions Sup Foucher. Septembre 2017.

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