Rhumatologue | Métier, salaire et formation (2024)

Article mis à jour le : 22 décembre 2023

Arthrose, ostéoporose, polyarthrite rhumatoïde, tendinite, sciatique… Une grande majorité d’entre nous sera concernée par un problème rhumatologique au cours de son existence. Spécialiste de l’appareil locomoteur, le rhumatologue traite toutes les pathologies qui empêchent son bon fonctionnement.

Comment peut-on devenir rhumatologue ? Avec quel diplôme ? Quel est le rôle exact de ce médecin spécialiste, son salaire et quelles sont ses opportunités de carrière ?

Découvrez les réponses à ces questions, ainsi que de nombreuses informations utiles sur le métier de médecin rhumatologue.

Rhumatologue métier formation

Le métier de rhumatologue en France

Qu’est-ce qu’un rhumatologue ?

Le rhumatologue est un médecin spécialisé dans le diagnostic et le traitement de l’ensemble des pathologies de l’appareil locomoteur (articulations, os, muscles, tendons et ligaments).

Quel est le rôle d'un rhumatologue ?

Le rhumatologue prend en charge les patients souffrant de maladies ostéoarticulaires, musculaires et tendineuses ou de problèmes consécutifs à des traumatismes :

  • Pathologies infectieuses : arthrite, spondylodiscite…
  • Rhumatismes inflammatoires chroniques et auto-immuns : polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante, rhumatisme psoriasique, lupus…
  • Pathologies microcristallines : goutte, chondrocalcinose…
  • Pathologies dégénératives liées à l’âge : ostéoporose, arthrose…
  • Sciatiques aiguës, lombalgies et pathologies du rachis, tendinites, TMS…
  • Maladie de Dupuytren, MAI, tumeurs osseuses, disjonction acromio-claviculaire…

Il travaille généralement sur prescription du médecin généraliste.

La rhumatologie est une spécialité très vaste où certaines pathologies peuvent toucher plusieurs autres organes. Le rhumatologue travaille fréquemment en étroite collaboration avec des spécialistes de médecine interne et d’autres professionnels de santé tels que : chirurgien orthopédique et traumatologue, diététicienne, kiné, ergothérapeute, gériatre, pédiatre, oncologue, radiologue…

Le médecin rhumatologue réalise de nombreux gestes techniques à visée diagnostique ou thérapeutique, comme l’échographie ostéoarticulaire, la radiographie, l’ostéodensitométrie, l’électromyographie, l’arthroscopie, les ponctions/infiltrations/biopsies articulaires, les aponévrotomies…

Quelles sont les principales missions d'un rhumatologue ?

Diagnostic

  • Procède à une série d’interrogation pour identifier et recueillir les plaintes du patient, ses symptômes, ses antécédents médicaux personnels et familiaux, son cadre et son hygiène de vie
  • Effectue un examen clinique précis
  • Prescrit ou réalise des explorations complémentaires en cas de besoin (analyses sanguines, radiographies, échographies, scanner, IRM…)
  • Synthétise les données recueillies, établit un diagnostic et détermine une stratégie thérapeutique adaptée

Traitement & thérapeutique

  • Prescrit et/ou met en œuvre un traitement personnalisé (médication, infiltration, biothérapie, rééducation rhumatologique, appareillage, régime alimentaire, chirurgie…)
  • Effectue un suivi périodique des patients (efficacité du traitement, réévaluation de la douleur, retentissement fonctionnel, récidive…) et réadapte le traitement en conséquence

Autres activités

  • Participe aux réunions de concertation pluridisciplinaire dans les services de chirurgie orthopédique et traumatologique
  • Intervient dans les services d’urgence vitale ou fonctionnelle
  • Enseigne au patient l’auto-rééducation et l’auto-mobilisation
  • Effectue une veille continuelle sur l’avancée des techniques en rhumatologie

Le rhumatologue est-il un chirurgien ?

Non, la rhumatologie est une spécialité médicale et le médecin rhumatologue n’opère pas. C’est le chirurgien orthopédique qui pratique les interventions chirurgicales au niveau de l’appareil locomoteur.

Quel profil faut-il avoir pour être rhumatologue ?

La rhumatologie s’intéresse à des maladies variées et met en jeu de nombreuses technologies. Par conséquent, sa pratique nécessite un large éventail de compétences techniques et scientifiques.

Un bon rhumatologue doit aussi posséder plusieurs qualités personnelles, telles que :

  • Empathie ;
  • Sens de la communication ;
  • Rigueur scientifique ;
  • Curiosité intellectuelle et perspicacité ;
  • Patience et ténacité.

Quels sont les lieux d’exercice des médecins rhumatologues ?

Les rhumatologues peuvent travailler :

  • En tant que praticien hospitalier dans les services de rhumatologie des établissements de santé ;
  • En libéral, seul dans un cabinet médical de ville ou associé à d’autres confrères, dans un cabinet de groupe ;
  • En tant que médecin du sport spécialisé en rhumatologie, dans les clubs sportifs.

Histoire de la rhumatologie

  • Années 1920 : création de la Ligue française contre les rhumatismes. Le médecin français Jacques Forestier contribue largement au développement de la rhumatologie.
  • En 1928, création de la Ligue française contre le rhumatisme.
  • En 1948, la première clinique rhumatologique est créée à l’hôpital Cochin de Paris.
  • Dans les années 1950, sous l’impulsion du Pr. Florent Coste des chaires de rhumatologie sont créées un peu partout en France.
  • En 2022, environ 2 500 rhumatologues exercent en France (33 % en milieu hospitalier et 40 % en libéral)

Quel est le salaire d'un rhumatologue ?

Dans la Fonction publique, le salaire du rhumatologue est fixé par une grille tarifaire définie par l’État. En début de carrière, il percevra 4 565,50 € bruts (échelon 1) et 9 229,60 € mensuels en fin de carrière (échelon 13). En fonction de sa situation personnelle, il peut percevoir diverses primes et indemnités en plus de son salaire de base (indemnité multisite, supplément familial, indemnités de gardes et d’astreintes).

La rémunération des rhumatologues libéraux est souvent plus avantageuse. C’est en particulier le cas de ceux qui ont fait le choix de s’associer dans un cabinet médical de groupe et qui peuvent ainsi partager les coûts générés par l’achat et l’entretien des équipements.

La formation pour devenir rhumatologue

Quel diplôme pour devenir rhumatologue ?

Le médecin rhumatologue doit être titulaire d’un diplôme d’études spécialisées (DES) de rhumatologie pour exercer.

Quelles études faut-il faire pour devenir rhumatologue ?

La rhumatologie étant une spécialité médicale, il faut faire des études de médecine.

Après l’obtention d’un baccalauréat (généralement scientifique), le cursus universitaire pour devenir rhumatologue dure 10 ans et comprend 3 cycles :

  • 1er cycle de 3 ans, pour acquérir les bases du médical.
  • 2e cycle de 3 ans, qui correspond à l’externat, pour approfondir les connaissances et s’initier à la pratique clinique.
  • 3e cycle de 4 ans, qui correspond à l’internat de rhumatologie. L’accès à la spécialité, comme le lieu d’affectation, dépend des résultats obtenus aux épreuves classantes nationales qui ont lieu en fin de 2e cycle.

Quel est le programme du DES de rhumatologie ?

L’internat de rhumatologie dure 4 ans avec une alternance de cours magistraux (250 heures environ) et de stages pratiques.

La formation théorique se fait sous la forme de séminaires, d’exercices supervisés de mises en situation, de vidéoconférences, d’e-learning ou d’ateliers. Outre les compétences du 2e cycle qui doivent être approfondies, les enseignements du DES portent sur les grandes thématiques de la rhumatologie.

Les cours sont regroupés en 17 unités de valeur :

  • Épidémiologie clinique (définitions et procédures d’évaluation)
  • Polyarthrite rhumatoïde (épidémiologie, pathogénie, diagnostic, stratégies thérapeutiques)
  • Spondylarthropathies (diagnostic, physiopathologie, surveillance, traitements)
  • Maladies systémiques (lupus érythémateux systémique, PPR et maladie de Horton, sarcoïdose, sclérodermies, syndrome de Gougerot-Sjögren…)
  • Les pathologies micro-cristallines (goutte, chondrocalcinose, rhumatisme à hydroxy-apatite…)
  • Les pathologies infectieuses (arthrites, infections microbiennes juxta-articulaires, ostéite et ostéomyélite, rhumatismes post-streptococciques…)
  • Ostéoporose et métabolisme phosphocalcique (définition, physiopathologie, épidémiologie, diagnostic, traitement)
  • Ostéopathies endocrino-métaboliques et dystrophiques (hyper- et hypo-parathyroïdie, ostéomalacie, maladie osseuse de Paget…)
  • Pathologies tumorales malignes et bénignes (tumeurs osseuses primitives, métastases osseuses, synovite…)
  • Manifestations ostéoarticulaires de causes diverses (ostéonécrose aseptique, algodystrophies, maladies constitutionnelles…)
  • La pathologie rachidienne (bases fondamentales, rachis cervical, dorsalgies, lombalgies, radiculalgies, thérapeutique)
  • Arthrose (diagnostic, prise en charge)
  • Pathologie abarticulaire (bursopathies, tendinites et ténosynovites, syndromes canalaires, syndrome des loges, pathologies induites par le sport…)
  • Podologie (anatomie et biomécanique du pied et de la cheville)
  • Rhumatologie pédiatrique
  • Thérapeutiques en rhumatologie (douleur en rhumatologie, traitement médicamenteux et non médicamenteux)
  • Formation pratique et expertise professionnelle (gestes techniques, information et éducation du patient, réglementation et prise en charge des maladies professionnelles de l’appareil musculo-squelettique, explorations complémentaires de base pratiquées par le rhumatologue)

La formation pratique est composée de 8 semestres de stages obligatoires, dont au moins 3 dans un lieu de stage avec encadrement universitaire et au moins 5 dans la spécialité.

La nature des enseignements et des stages à accomplir, les compétences à acquérir et les modalités d’évaluation des connaissances sont détaillés sur la maquette du DES.

Les internes en rhumatologie ont la possibilité de se sur-spécialiser en candidatant pour une des formations spécialisées transversales (FST) suivantes :

Comment se préparer aux études pour devenir rhumatologue ?

Des référentiels, des livres, des revues périodiques, mais aussi des outils numériques sont disponibles pour aider les étudiants en rhumatologie à se former et à approfondir leurs connaissances :

Comment financer une formation pour devenir médecin rhumatologue ?

Le prix des études de médecine est un sujet de préoccupation pour certains étudiants qui hésitent à s’engager dans une formation longue et souvent jugée onéreuse.

Le coût total d’une formation pour devenir rhumatologue comprend :

  • Les droits d’inscription (entre 170 et 243 € par an, selon l’année universitaire) ;
  • La contribution de vie étudiante et de campus (CVEC) de 100 € ;
  • Le matériel pédagogique (livres et référentiels), les tenues de stage et leur entretien ;
  • Les frais de vie courante (logement, repas, transport…).

Bien que non obligatoires, des frais supplémentaires liés à l’inscription à des classes préparatoires privées et/ou à des services d’aide à la préparation des ECN sont aussi à prévoir.

Dans certains cas, les émoluments perçus par les étudiants en médecine durant leur cursus universitaire suffisent à couvrir le prix de leur formation. Fixés par arrêté ministériel, ils comprennent un salaire de base - variable selon l’année d’étude - et diverses primes et indemnités (gardes, astreintes, supplément familial, prime de responsabilité…).

En cas de besoin, plusieurs dispositifs sont disponibles pour aider les futurs rhumatologues à financer leurs études :

Les spécialités et les évolutions de carrière du rhumatologue

Les débouchés et les perspectives d’avenir des médecins spécialisés en rhumatologie sont variés :

  • Diriger un service hospitalier ;
  • Enseigner ;
  • Faire de la recherche (universitaire, fondamentale) ;
  • Travailler dans l’industrie pharmaceutique, dans le milieu sportif...

Pour faciliter l’évolution de carrière des rhumatologues, de nombreuses formations complémentaires sont à leur disposition. Elles sont proposées en présentiel ou en e-learning par des organismes de formation privés ou des universités, durent quelques jours ou plusieurs mois et sont quelquefois diplômantes.

Exemples de formations disponibles :

  • DIU Maladies auto-inflammatoires
  • DIU Échographie et de Rhumatologie Interventionnelle avec Guidage radioscopique ou échographique (REGARDE)
  • DIU Rhumatologie interventionnelle échographique
  • DIU Podologie
  • DIU Maladies rares - Comprendre les particularités de la conception et de la conduite d’un essai thérapeutique
  • DIU Pathologies osseuses médicales
  • DIU Onco-rhumatologie
  • DU ECRIN (Échographie en Rhumatologie)
  • DIU Rhumatologie pédiatrique

Le quotidien d'une rhumatologue

Les avantages du métier…

  • Grâce aux innovations constantes dans sa discipline, le rhumatologue contribue de manière significative à améliorer la qualité de vie des personnes.
  • Les débouchés sont importants.
  • Les perspectives de carrière diversifiées, notamment en lien avec la recherche ou le monde du sport de haut niveau.

Et ses difficultés

  • Des études longues et exigeantes.
  • Une discipline médicale qui exige un investissement important.

Le métier vu de l'intérieur

Groupes et associations pour les rhumatologues

  • COFER – Collège français des enseignants en rhumatologie

Le COFER a pour but de promouvoir et de développer la formation initiale et continue des médecins et de diffuser les connaissances sur les maladies de l'appareil locomoteur.

Site : http://www.lecofer.org/

  • SFR – Société Française de Rhumatologie

Créée en 1969, la SFR a pour objectif de promouvoir les connaissances concernant les maladies de l'appareil locomoteur en soutenant la formation, l‘information et les efforts de recherche des jeunes rhumatologues.

Site : https://sfr.larhumatologie.fr/

  • SNMR - Syndicat National des Médecins Rhumatologues

Le SNMR assure la défense des intérêts professionnels matériels et moraux de tous les rhumatologues.

Site : https://snmr.org/

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